
"Psychoarchitectures", "Forêt épileptique", "Trou noir", "Traumatthèque", ces quelques titres d'œuvres de Berdaguer & Péjus laissent entrevoir un univers rien moins que serein. Empruntant à des sources très diverses qui vont de l'esthétique aux neurosciences en passant par la psychanalyse, Berdaguer & Péjus mettent en jeu différentes constructions utopiques, en variant les angles d'attaque et la distance. Le visiteur de leur exposition "Insula" (à l'IAC jusqu'au 13 mai) peut tour à tour se trouver témoin d'expériences à caractère scientifique, se croire transmetteur d'énergie, se reconnaître névrosé ordinaire, ou s'imaginer membre d'une communauté virtuelle.
Contempler des mobiles inspirés des tests de Rorschach, les pieds dans le sable et derrière des grilles, observer derrière un hublot une lumière ultra-violette germicide, se projeter dans un modèle de rocher furtif ou sous la table qui le porte pour disparaître, ce sont autant d'occasions de nous interroger sur notre désir d'exposition et sur ce qu'on attend de nous. Nathalie Ergino, pour qui les recherches de Berdaguer & Pejus renvoient en partie à celles du Laboratoire espace cerveau de l'IAC qu'elle dirige, apportera son éclairage sur "Insula".