
Né en 1972 à Cholet
Vit et travaille à Paris
Wilfrid Almendra construit une pratique singulière de la sculpture. Il est de ceux en effet qui se coltine tout le boulot : fraisage, ponçage, découpage, massacre à la tronçonneuse et séances de soudure, il sait tout faire ou apprend sur le tas. Backsleep dans un hangar, une de ses dernières sculptures, prend des allures de feu de camp de fin du monde allumé par Mad Max et entretenu par un mage new-age, d'où jaillit des flammes en jean moletonné d’un foyer de ciment et de gravier, surmonté d’un carter de moto géant. Les oeuvres de Wilfrid Almendra se tiennent en fait à la lisière de l’abstraction
et de la figuration, en donnant naissance à une sculpture narrative. Chacune de ses réalisations adopte un postulat particulier, associant des références de l’histoire de l’art à l’imagerie populaire. Elles donnent à visiter un patrimoine de l’objet commun, vu sous un angle à la fois poétique et distant, chargé d’un optimisme et d’une considération dont notre regard était dépourvu.
A l’occasion de l’exposition Enlarge your practice, il rejoue la forme du skatepark dans une installation aux multiples dénivelés entièrement réalisée à base de tuiles aux formes arrondies directement importée des pavillons du sud de la France.
Né en 1975 à Dijon.
Vit et travaille à Paris.
Olivier Babin est représenté à Paris par la galerie frank elbaz.
Le travail d’Olivier Babin s’intéresse à la façon dont l’industrie culturelle, la communication, le marketing économique et politique s’approprient des formes directement issues de l’art abstrait, conceptuel et minimal. Qu’il s’approprie directement des formes historiques (cover, remake, tribute) ou qu’il rejoue ces formes à travers la culture populaire, ses oeuvres font toujours appel à l’humour et au déplacement pour créer des espaces d’autonomie, à la fois poétiques et désenchantés.
Pour l’exposition Enlarge your practice, Olivier Babin s’empare avec humour d’un des phénomènes contemporains les plus controversés : la télé-réalité. Sur le mode de la performance mineure et conceptuelle, l’artiste s’engage en amont de l’exposition dans une préparation physique et mentale lui permettant de survivre, voire de remporter, les épreuves du jeu Kohlanta diffusé tout l’été sur TF1. Il nous livre dans l’exposition un long compte-rendu de ses activités et de ses réflexions.
Fondé en 1999, à Cergy Pontoise
Bad Beuys Entertainment, collectif d’artiste crée en 1999 à Cergy Pontoise, emprunte son fonctionnement à celui de la bande de jeunes : la hiérarchie au sein du groupe n'est pas clairement définie, le nombre de ses membres est fluctuant et leur implication est inégale, les décisions s'y prennent à la volée, au consensus relatif. Le groupe adopte une attitude "crossover". Actuellement le groupe est composé de deux membres, Olivier Cazin et Matthieu Clainchard, lesquels ont en commun la pratique et la connaissance d'une vie en zone urbaine/périurbaine et d'une "culture de banlieue". BBE navigue dans les méandres d’un large spectre d’activités et de références : tags, rap, mise à sac, injures, voitures brûlées, milieu sub-urbain, économie parallèle, légendes urbaines, grands ensembles architecturaux, culture populaire, omniprésence de la télévision, urbanisme, hip-hop et graffiti.
Avec le projet Land Escape, une gigantesque installation de 500 m2 présentée pour la première fois, ils importent la culture adolescente du squat au coeur de l’espace d’exposition. Land Escape est en fait la reproduction à échelle 1 d’un toit - terrasse à la fois lieu de rendez-vous privilégié d’une jeunesse désoeuvrée et improductive et motif régulier d’une certaine production cinématographique – posée à même le sol de la galerie. Au cours de l’exposition, l’installation, praticable, pourrait devenir une aire de jeu ou d’ennui. Les déchets, clopes et bières comprises, du soir du vernissage resteront comme la preuve irréfutable d’une vie importée du toit.
Né en 1970 à Schaffhausen, Suisse.
Vit et travaille à New York et Zürich.
Sous formes de photographies, de projections vidéos ou d’installations, l’oeuvre d’Olaf Breuning détourne et fusionne un certain nombre de codes culturels puisés dans des champs aussi divers que l’art contemporain, la musique (pop, heavy metal, techno, etc.), le cinéma, la télévision, ou encore la publicité, les magazines de mode, le vidéo-clip qu’il renforce par des usages décalés, à la fois «ratés» et maîtrisés, du faux et du mauvais gout. Fort de ce vocabulaire existant et surdéterminé, l’artiste élabore néanmoins un univers esthétique personnel et indépendant, marqué avant tout par l’hybridation et l’indétermination, brouillant toutes sortes de limites et de frontières entre les genres et les sexes, entre le réel et la fiction.
Pour l’exposition Enlarge Your Practice, l’artiste suisse présente l’installation vidéo King aux frontières du road movie américain et du jeu de rôle. La scène prend la forme d’un jeu qui aurait mal tourné mettant en scène un chevalier médiéval échoué au sol qui aurait été expulsé de l’écran vidéo sur lequel sont retransmises en direct ses propres aventures. Il présente également un dyptique vidéo Chris Croft (1998) qui donne à voir, dans un premier temps, le spectacle désenchanté d’une voiture vandalisée échouée en pleine forêt, puis, dans un second temps, un groupe de jeunes gens endormis sur un yacht. Au centre, un personnage énigmatique affublé d’une capuche noire et de baskets jaunes effectue une étrange chorégraphie ésotérique.
Né en 1974 à Mexico.
Vit et travaille à New York.
« Ma vie est un vaste ghetto, peuplé d'elfes néotolkiens, de lance-missiles, de hordes sans fin de gorilles surmusclés, de terroristes-du-jour, de troglodytes, de vampires, de tanks...» Brody Condon a baigné dans les jeux vidéo jusqu'à l'abrutissement, « je ne faisais que ça ». Depuis, il a déposé les manettes, mais continue à s'y intéresser d'un point de vue critique. Adepte des détournements et des modifications de jeu, il est mêlé de près ou de loin à des projets comme Velvet-Strike, 9-11 Survivor ou Waco Resurrection. Dans Fake Screenshot Contest, un projet plus personnel, il constitue une collection d'images réalisées par des artistes, des amis, des étudiants ou des jeunes qu'il a rencontrés : «Au départ, ce n'était qu'une galerie sur le Web avant que les images ne soient imprimées et affichées dans le cadre de l'exposition Killer Instinct (1) qui vient de s'achever au New Museum à New York». Le but de cette compétition amicale était de créer des écrans de jeux vidéo qui n'existent pas.
A l’occasion de l’exposition, Brody Condon présente un montage vidéo intitulé Suicide Solution dans lequel l’artiste pousse dans ses retranchements la logique du jeu vidéo et met en scène une succession de suicides de personnages.
Né en 1972 à Neyruz, Suisse.
vit et travaille à Genève, Suisse.
www.stephanedafflon.com
La peinture de Stéphane Dafflon reprend à son compte et recycle les méthodes de production et les formes du design industriel et du graphisme. Ainsi, avant de les réaliser, il conçoit chacun de ses tableaux par ordinateur, à l’aide de logiciels dédiés. Les motifs qu’il utilise (notamment les rectangles aux angles arrondis) sont puisés dans le répertoire décoratif de la stylistique contemporaine. L’image peinte déborde souvent le strict périmètre de la toile sur châssis ; shapedcanvas, au mur, au sol, en volume, les images de Stéphane Dafflon déploient leur immédiateté visuelle et leurs formes élémentaires et colorées hors de tout système métaphorique. L’oeuvre de Dafflon est “raisonnée”, tout à la fois dégagée des carcans idéologiques de la modernité, et des effets spectaculaires de l’Op-Art. Pour Enlarge your practice, l’oeuvre proposée est un plongeoir mauve brillant, un objet fonctionnel sans fonction, qui “plonge” le spectateur dans l’idée d’un art ludique sans prétexte. Objet critique qui déjouerait les accusations contre l’abstraction d’être décorative et gratuite, et interrogerait en même temps la valeur de la peinture.
Né en 1968.
vit et travaille à Paris.
Sa pratique de performer prend les formes variées de performances théâtrales en appartement (2004), de combats dans la boue (Mud, 2005), de pièces pour actrice et éléphant (2005), de jeu avec les détecteurs de présence du Louvre (Liquid, 2006) ou d’un hommage à l’invention du velcro (I am you as an explosion, 2005). Il invente des liens entre espaces publics et privés, par la mise en jeu du corps et de l’espace concret qui l’entoure. Dans son travail Jochen Dehn élabore des formes et des stratégies qui tendent à toujours mieux révéler des zones de contact et ainsi, de réduire la distance qui sépare
les corps de ses possibles collisions. Il collabore régulièrement avec Frederic Danos, rekolonisation ou Gelitin entre autres. Ses performances et vidéos ont été montrées récemment à Paris, à Glassbox, mains d'oeuvres et à La Générale ainsi qu’à Munich, Berlin, Hambourg, Zurich, Munster, Barcelone et Rome.
Pour « Enlarge your Practice », il organise en collaboration avec Frédéric Danos, le jour du vernissage une bataille de porcelaine.
Alain Della Negra
Né en 1975 à Versailles.
Vit et travaille à Paris.
Kaori Kinoshita
Née en 1971 à Tokyo.
Vit et travaille à Paris.
Alain Della Negra et Kaori Kinoshita, artistes et documentaristes, explorent les mondes virtuels. A l’occasion de l’exposition Enlarge Your Practice, le tandem nous livre en avant première une série de portraits documentaires de joueurs racontant leur « naissance » sur Second Life. Si le rituel auquel se soumettent les avatars est toujours le même, arrivée sur une île déserte, apprentissage de la marche et de la langue - par l’intermédiaire d’un perroquet ! - chaque expérience est unique. Et c’est dans cet écart entre expérience vécue et réalité virtuelle qu’oscille avec subtilité leur travail.
Daniel Dewar
Né en 1976 à Forest Dean (GB)
Vit et travaille à Nantes
Gregory Gicquel
Né en 1975 à St Brieuc
Vit et travaille à Paris
Ils sont représentés, à Paris, par la Galerie Loevenbruck
Maître d’œuvres d’un univers plastique qui va de la quincaillerie à la scierie ou ils découpent à même le bois la forme d’un quad, ce duo basé entre Nantes et Paris est passé en peu de temps des ready-mades artisanaux de baskets, de truelles, de cadres de vélo de BMX à des sculptures improbables, à la fois exotiques et high-tech ou coquillages et crustacés côtoient les formes cylindrées de pocketmotos. Un hyperréalisme brut.
Jean-Max Colard
Né en 1967.
Vit et travaille à Paris.
www.galeriechezvalentin.com
Les installations vidéo d’Olivier Dollinger semblent mesurer le degré de résistance d’une individualité à l’épreuve de certains codes culturels, parfois marginaux, qui façonnent autant le corps que l’esprit : qu’un body-builder déambule seul dans une galerie d’art déserte (The tear builder, 1998), un jeune scooteriste exécute des brûlures de pneu au sol (Burning, 1999) ou un homme apparemment désoeuvré s’affuble d’une énorme tête de Pokemon (Collapse, 2000). Soit : l’émouvante persistance d’une nature littéralement cuirassée par la culture.
Pour Over-drive, qui sera présenté dans l’exposition, Dollinger a filmé en banlieue parisienne une compétition de SPL (Sound Pressure Level), une discipline originaire des États-Unis qui consiste à optimiser, via de puissants haut-parleurs, la pression accoustique atteinte dans l’habitacle d’une voiture. À partir d’une observation attentive et curieuse de cette dérive radicale du tuning, Dollinger oppose à l’éclairage documentaire une véritable expérience sensorielle, plus onirique qu’anthropologique ou même sémiologique.
Né en 1980 à Paris.
Vit et travaille à Paris.
www.laurabartlettgallery.com
A l’occasion de l’exposition le jeune Cyprien Gaillard expose un petit film mettant en scène des actes de vandalisme (explosion de fumigènes) sur fond de paysage romantique. Il présente également un tryptique vidéo de grande envergure mise en musique par son groupe The Landsc Apes. Le premier volet montre un violent affrontement de hooligans sur le parking d’une cité de la banlieue de Saint-Pétersbourg, en Russie. Identifiables par la couleur de leurs vêtements, à l’image de deux équipes de football, les deux «bandes» manifestement ennemies se livrent à une véritable bataille rangée. La vidéo, vraisemblablement filmée depuis la fenêtre d’un immeuble alentour, donne à voir toute la chorégraphie de l’émeute.
Le second volet de Desniansky Raion n’est pas moins percutant : une vidéo, achetée par l’artiste auprès de la mairie de Meaux en banlieue parisienne documente la destruction spectaculaire d’une barre HLM à l’occasion d’un gigantesque spectacle son et lumière. Le troisième et dernier volet de la vidéo de Cyprien Gaillard achève de tisser une véritable poétique du chaos : un ULM, à bord duquel est embarquée une caméra, survole sans autorisation le quartier Desniansky Raion, dans la banlieue enneigée de Kiev (Biélorussie). La multitude austère d’immeubles d’habitation, d’abord désordonnée, fait bientôt place à un ensemble de tours agencées en un cercle parfait, évoquant le monument mégalithique de Stonehenge en Angleterre.
Né en 1980.
Vit et travaille à Paris.
Ce jeune artiste de 26 ans réalise des vidéos performances. Il organise ainsi un concert « straight edge » (ce mouvement punk végétarien, à la fois radical et nietzschéen, né en Californie à la fin des années 1970), durant lequel il imagine une chorégraphie faisant intervenir plus de 200 personnes. Ailleurs, il met en scène trois mini motos, à la fois sculptures brillantes juchées sur un podium et objets ludiques qui se prennent pour des grands lorsque, tout d'un coup, leur moteur se met à vrombir.
Pour Enlarge your practice, Fabien Giraud collabore avec Raphaël Siboni. Ils présenteront leur nouveau film, Friendly Fire, une installation constituée de deux vidéos tournées au format 16/9, projetées côte à côte. Chaque vidéo donne à voir une partie d’airsoft basée sur un même scénario, rejouée selon des paramètres différents. D’une partie à l’autre, les règles du jeu sont modifiées, les contraintes de temps sont redéfinies et la configuration spatiale varie. Tandis qu’à gauche, 200 personnes s’affrontent au milieu d’une plaine sur une aire de 500 mètres carrés, la partie de droite est rejouée par le même nombre de joueurs et au même endroit, dans seulement 50 mètres carrés.
Kolkoz est représenté, à Paris, par la galerie Emmanuel Perrotin
Né en 1965 à Caen.
Vit et travaille à Montpellier.
www.airdeparis.com
La popularité de Pierre Joseph repose principalement sur les Personnages Vivants (à réactiver). Un acteur réactive un personnage légendaire (Superman, la Belle au Bois dormant, Don Quichotte) ou générique (une lépreuse, un guerrier médiéval, une sorcière). Au "qu’est-ce que je vois" auquel il invite le spectateur, c’est par un "qu’est-ce que je sais ?" qu’il répond aujourd’hui. Pierre Joseph invoque des savoir-faire pour les vivre : s’initier au japonais (Akane), au base-ball (My own experience of base-ball), au travail dans une industrie (Join the work in Japan, knowledge). Les oeuvres de Pierre Joseph désignent cette condition, cette sorte de précarité sociale et professionnelle qui, aujourd’hui, modifie singulièrement notre relation au savoir, au travail, au temps et à l’histoire. Précarité qui est devenue un enjeu dans la construction de l’identité où l’individu se pose la question de son adaptation - en l’occurrence de son inadaptation. Pierre Joseph fait l’hypothèse d’un artiste inachevé, et dont l’inadaptation serait le moteur d’un savoir dont les étapes seraient l’unique production.
Pour l’exposition, il présente l’un de ses personnages à réactiver : « le surfeur » qui se promènera le soir du vernissage parmi les visiteurs, et une vidéo, datée de la fin des années 90, qui le met en scène dans un apprentissage laborieux du surf des neiges.
Née en 1974.
Vit et travaille à Paris.
Lauréate du programme mapXXL des Pépinières européennes pour jeunes artistes, Emmanuelle Lainé a effectué sa résidence à la Domus Academy de Milan du 17 janvier au 10 avril 2006. Son projet de résidence, Sarcomère sport et l'Extraballe, a été exposé à la Fabrica del Vapore de Milan. Il s'agit d'une installation décomplexée qui compile les pratiques du custom et de la sculpture, où la référence au show-room et l'utilisation d'articles de sport modifiés fusionnent lifestyle et pratique artistique. Une proposition apparaît à travers les interférences entre les quatre éléments qui composent l'installation, celle de tester un environnement urbain complexe, d'éprouver mentalement ses espaces, en jouant avec ses matériaux, en recyclant ses motifs. Par ailleurs, Emmanuelle Lainé détient un brevet d’invention pour un modele de frisbee géant démontable.
Pour l’exposition elle présente une sculpture inédite posée au sol qui oscille entre la combinaison sportwear et une forme organique et tentaculaire.
Né en 1976.
Vit et travaille à Paris.
www.thomaslelu.net
Par delà le monde, une poignée d’individus étranges arbore un t-shirt portant l’inscription « Je suis Thomas Lélu ». De Tokyo à Londres et Paris en passant par Rennes où il habille une horde de jeunes filles en fleur, congénères de la soeur de l’artiste. « Pour l’instant ce que j’ai fait de mieux c’est mon nom » affirme sans rire Thomas Lélu qui en rajoute aussitôt une couche : « entre la dégénérescence biblique et le gros gag, c’est une aberration et c’est ça qui me plait ». Le même Thomas Lélu à qui l’on doit l’ébouriffant roman « Je m’appelle Jeanne Mass » ou le premier « Manuel de la photo ratée ».
Plus récemment Lélu s’improvisait peintre avec un ensemble de toiles à la bombe aux jeux de mots imbitables.
Pour l’exposition Enlarge Your Practice, il présente la série Colin Maillard réalisée en 2004, soit un panorama d’images amateurs exhibitionnistes collectées sur Internet. Sur ces clichés quasiment bruts (l’artiste n’opère que quelques rares recadrages), les individus apparaissent le visage masqué mais le sexe découvert. Il réalisera également une performance inédite, le soir du vernissage. Inspiré par le phénomène des Flashmobs, ses rendez-vous éphémères lancés via les téléphones portables, il convie une tribu de jeunes adolescents à danser sur leurs musiques fétiches. Sauf qu’ici la chorégraphie collective est muette, chacun des participants portant i-pod et autres casques…
Né en 1976 à Toms River, New Jersey.
Vit et travaille à New York.
www.virgilgallery.com
Né en 1974.
Vit et travaille à Paris.
www.previeux.net
Cet artiste de 32 ans qui se définit volontiers comme un « hacker low tech » du réel, s’est fait connaître il y a quelques année grâce à ses « lettres de non motivation ». Porte-parole discret d’une jeunesse précaire, il entreprit avec un brin de provocation de répondre par la négative aux multiples offres d’emploi récoltées dans la presse. C’est lui encore qui revisite le légendaire James Bond à grands renforts d’effets spéciaux venus parasiter une intrigue déjà surpeuplée de trucages en tous genres ou qui, plus récemment, recueille les empreintes d’un Nicolas Sarkozy plus habitué à contrôler qu’à
se faire contrôler.
Retour à l’envoyeur donc chez Julien Prévieux qui présente pour l’exposition Enlarge Your Practice une série de trois vidéos inspirées des vidéos de skate des années 90. Dans Crash Test – Mode d’emploi (1’30’’), l’artiste se précipite sur tout ce qu’il croise sur sa route, architecture, meubles, voitures et passants avec un acharnement digne des meilleurs gags de Jackass. Ce parcours d’obstacles se décline dans une série de saynètes dont l’humour mécanique et absurde n’est pas sans rappeler un certain cinéma burlesque à la Buster Keaton. Dans Roulades (5’30’’), un individu armé d’un casque de moto, sort de son lit, tombe dans les escaliers, roule toute la journée dans divers lieux publics avant de regagner ses pénates par le même moyen. La performance physique, difficile mais surmontée, répond moins à une intervention sur les limites du corps qu’à la nécessité d’inventer de nouveaux comportements et les inscrire dans une réalité quotidienne.
Né en 1975 à Bordeaux.
Vit et travaille à Paris.
www.andreacrews.com
A travers Andrea Crews, Maroussia Rebecq combine plusieurs aspects de la création contemporaine. Entre art et mode, elle présente et met en scène ses collections sous forme de performances, de happening, de vidéo clip, créant des évènements multiples aux frontières de l'art et du quotidien. Maroussia Rebecq fédère et s'associe avec des acteurs de la scène culturelle contemporaine: artistes, stylistes, vidéastes, Djs, venus d'horizons différents, mais issus de la même culture populaire et excentrique, expérimentale et ludique...
Pour l’exposition Enlarge your Practice, l’artiste activiste présente une vidéo réalisée en 2006 au Palais de Tokyo à l’occasion de l’exposition Notre Histoire réunissant la jeune scène française. On la voit débouler en force avec une équipe d’hurluberlus costumés dans les espaces d’exposition. La joyeuse troupe s’adonne à un délire collectif et inoffensif, pourtant proche des élucubrations régressives du collectif Jackass.
Né en 1973 à Marseille.
Vit et travaille à Marseille.
www.sextantetplus.org/scoccimaro
Directement empruntés à la palette des customs, du surf ou du rock, entre autres sections de la sous-culture américaine, les jaunes brillantissimes, les rouges flashants ou les verts pomme teintent les sculptures de Lionel Scoccimaro d'un ton plus grinçant.. Hybrides, elles renvoient à des univers ultravoyants, suragités et radicaux, ceux des sports ou des musiques undergrounds, volontiers contestaires des normes politiques et sociales établies.
Pour l’exposition, l’artiste présente une nouvelle sculpture monumentale très « see, sex and sun ». Soit un palmier d’où dégringole une centaine de casques de motos customisés.
Né en 1981.
Vit et travaille à Paris et Roubaix.
Ce tout jeune artiste de 25 ans présente en collaboration avec Fabien Giraud une installation vidéo aux allures de fresque murale. Intitulé Friendly Fire en référence à l’une des figures des jeux vidéo, le film réparti en deux écrans géants donne à voir une partie de d’airsoft (jeu de rôle militaire hyper réaliste) organisée par les deux artistes dans une plaine de la Beauce. Au réalisme des costumes, des armes et des actions de chacun des figurants (plus de 200 joueurs en tout), viennent s’ajouter les événements d’un conflit virtuel. Les différentes équipes s’entrecroisent, les différents scénarios s’entremêlent. Ici, une armée de zombies s’oppose aux militaires, qui s’opposent à une secte, qui torture un groupe du GIGN… Plusieurs fictions incompatibles se jouent simultanément.
En parallèle Raphaël Siboni présente un petit film tourné selon le modèle des fan-films et inspiré par l’esthétique et la trame narrative de Star Wars. La projection est accompagné d’un ensemble de sculptures modulaires réalisées pour le tournage du film en Sologne.
Né en 1970, Minnesota.
Vit et travaille à Los Angeles.
www.skuldt.com/work/short.htm
Jim Skuldt est un artiste californien issu du prestigieux MFA de CalArts. Le travail de cet artiste est à l?image de la côte ouest: décalé, underground, rétif à toute règle. Qu?il pirate une radio dans le désert californien, organise son échapée de l?Ecole des Beaux-Arts ou décide de parcourir LA-NewYork en métro, Jim Skuldt met en route des scénarios d?évasion particulièrement jubilatoires..
A l?occasion de l?exposition, dans une pièce plongée dans le noir, Jim Skuldt recrée à l?aide de multiples amplificateurs diffusant chacun un seul instrument de la partition, une ambiance déchaînée de fin de concert.
Laurent Tixador
Né en 1965 à Colmar. Vit et travaille à Nantes.
Abraham Poincheval
Né en 1972 à Alençon. Vit et travaille à Marseille.
www.insituparis.fr
Le travail de Laurent Tixador et Abraham Poincheval peut s’apparenter à une aventure, c’est-à-dire la découverte dans la réalisation d’un acte «extra-ordinaire» : "Ce qui nous motive, c’est la découverte, et surtout ne jamais refaire les mêmes expériences. Nous avons vécu huit jours sur l’Ile du Frioul en face de Marseille comme des hommes préhistoriques se nourrissant de figues et de moules. Nous avons marché de Nantes à Metz, avec une boussole, en ligne droite, d’octobre à décembre. Laurent est allé en tant que premier artiste déposer un drapeau au pôle nord géographique. (...) Nous réfléchissons en permanence à imaginer des parcours, des situations que nous n’avons jamais pratiqués. On souhaite ainsi s’immerger dans des milieux inconnus qui génèrent des réflexions, des approches, des comportements que l’on n’aurait ja- mais eus sans cela.”
“Pour Enlarge your practice, à la fin du vernissage, nous rentrerons chacun dans des cellules qui seront aménagées dans la salle d'expo pour y passer un mois ferme. Pendant ce mois, nous vivrons notre vie de detenus, mangerons, nous ennuirons, filmerons, bricolerons des trucs, essairons de nous évader, dessinerons sur les murs etc... un mois plus tard, nous sortirons et le public pourra visiter les locaux.” Le tandem pousse ici à l’extrême le désoeuvrement propre à la culture adolescente.
Né en 1977.
Vit et travaille à Paris.
www.laplanck.com
Raphaël Zarka travaille comme le « curieux » qui rassemble à l’intérieur de son cabinet les bases d’un véritable monde en miniature. Figer le mouvement et découper le monde sont des activités étranges, aussi les sujets que Raphaël Zarka s’autorise à photographier se donnent comme autant de natures-mortes naturelles, d’images toutes-faites. Il collectionne des objets en béton perdus dans la nature ou sur un terrain-vague et ces formes géométriques, plus ou moins reconnaissables, nous posent toujours la question de leur usage. Les objets et les espaces que filme ou photographie Raphaël Zarka sont des parcelles d’urbanités isolées comme les mots dans un dictionnaire. Après le Pentacycle réalisé en collaboration avec Vincent Lamouroux, un véhicule s’adaptant au rail de l’Aérotrain qui parcourt la Beauce sur 18 km, il s’est intéressé à une nouvelle utopie concrète :
pour l’exposition, Zarka documente sous la forme de 8 photographies couleurs le projet avorté d’un retraité montpelliérain qui avait imaginé et fait construire sur une colline isolée un skatepark mégalomane peuplé de virages en lacets et d’improbables tire-fesses. Cet espace surréaliste n’est resté ouvert qu’une année, il est depuis, tout comme la voie de l’aérotrain, un fossile du mouvement à l’échelle du paysage.