
Proche du conte de fée, l’univers d’Alice Anderson, artiste franco-anglaise vivant et travaillant à Londres, met en scène des récits oniriques et le plus souvent autobiographiques. Elle imagine, par exemple, un fauteuil sur lequel vient se fixer un moniteur miniature. A l’écran, elle apparaît schizophrène et candide tantôt dans le rôle de sa propre mère, tantôt dans celui de la fille et invite le spectateur à se plonger, le temps d’une projection privée, dans ce micro théâtre intimiste et inquiétant. Parce que l’artiste part du principe qu’on ne regarde pas les choses de la même manière selon qu’on est assis, allongé ou debout, elle interroge une nouvelle fois la question du point de vue à l’Espace Paul Ricard. Cette fois ci le spectateur est convié à s’allonger, seul, sur un lit à baldaquin et à visionner des réminiscences enfantines diffusées sur un écran incrusté au plafond. Comme des flashs de rêve qui virent parfois au cauchemar.
Née en 1976 à Londres
Vit et travaille à Londres
Whitechapel Projectspace, Londres
The Mind Is A Horse, Bloomberg Space, Londres
Alice’s Adventures, St Pancras Church, Londres
No More Fears, Yvon Lambert Gallery, Paris
Dr Edwards’ House, Marnay Art Centre, Marnay
Vertical, Fonds Régional d’Art Contemporain PACA, Marseille
Prospectif cinéma, Centre Pompidou, Paris
Modern Time, Man Musée, Italie
Vertiges, Printemps de septembre, Toulouse
New Spectrum of Art, Musée EMAP, Corée
Jonas Mekas & Alice Anderson’s Journal, Musée du Jeu de Paume, Paris
Old and new Dreams, Prince Charles Cinéma, Londres
Marcelline Delbecq jette des ponts entre la littérature, la photographie et l’installation sonore. Lors de l’exposition Fata Morgana au Crédac d’Ivry en 2004, elle proposait un double dispositif : assis devant un livre ouvert sur une photo en noir et blanc de Marilyn Monroe, le spectateur, muni d’un casque, se laissait séduire par une voix douce et enveloppante qui lui glissait à l’oreille la fiction paysagère et introspective inventée à partir des éléments contenus dans l’image. Pour le premier volet de l’exposition Partenaire Particulier au frac PACA il était encore une fois question de littérature, non plus sous forme sonore, mais à travers l’édition unique d’un livre-coffret contenant un récit écrit à la main et directement adressé au lecteur. L’objet rare et précieux, élaboré après un séjour dans l’incroyable village de Portmeirion (entièrement construit par l’architecte Sir Clough Williams-Ellis et ayant notamment servi de décor à la série « Le Prisonnier »), était placé dans une vitrine afin de rester inaccessible. Le même dispositif fait cette fois escale à l’Espace Paul Ricard, et continue de convoquer l’imagination du visiteur invité à formuler la proposition la plus convaincante aux yeux de l’artiste pour acquérir cette œuvre auratique. Jouant sur la frustration mais aussi sur le désir de possession et la curiosité du regardeur, le livre de Marcelline Delbecq interroge l’implication du visiteur et la notion d’exclusivité.
Née en 1977 à Évreux
Vit et travaille à Paris
Dans la nuit / In the dark, Galerie Frank Elbaz
Partenaire particulier, Fonds Régional d’Art Contemporain PACA, Marseille
Audio in the Elevator, Art in General, New York
Envoyer/Promener, Parc de la Villette, Paris
Noir c’est la vie, Centre d’art contemporain, Meymac
Marcelline Delbecq / Nora Schultz, Johann König Gallery, Berlin
Une peinture sans qualités, Villa Tamaris, La Seyne sur Mer
Chambres à part, Hôtel Sezz, Paris
The Final Cut, Palais de Tokyo, Paris
Fata Morgana, le Credac, Ivry sur Seine
Vitrin&out, Recyclart, Bruxelles
Dans son travail vidéo, Olivier Dollinger s’intéresse à des phénomènes culturels aussi variés que le tunning, le culturisme ou l’hypnose pour interroger les notions d’identité et faire parler les corps, alors amenés à écrire l’histoire de ses pièces. Pour le 2ème volet de l’exposition Partenaire Particulier à l’Espace Paul Ricard, il présente Spirit on Air (déjà présenté au Frac PACA) une cabine de spiritisme dans laquelle le visiteur est invité à entrer en contact avec des esprits par l’intermédiaire d’un médium avec lequel il pourra prendre rendez-vous tout au long de l’exposition. En dehors de ces séances, la cabine se transforme en salon d’écoute qui porte la trace des enregistrements sonores réalisés durant le temps de l’exposition. « Il s’agit d’une unité de production mobile d’expériences singulières » explique Olivier Dollinger, « un espace de communication avec le passé ou l’avenir, une plateforme d’extension des frontières entre réel et surnaturel ».
Dans ce dispositif constitué de deux cellules séparées par un miroir sans tain, les jeux de regards et de reflets offrent au visiteur la possibilité d’un aller retour vertigineux entre les positions de spectateur, d’acteur et de voyeur. Une fois franchi le seuil de la porte, se joue la rencontre incongrue de deux fantasmes : la curiosité du spectateur néophyte, et le désir du maître des lieux, qui donne à voir et à entendre une image impossible.
Né en 1967 à Strasbourg
Vit et travaille à Paris
Sous couvert d’une facture ordinaire qui emprunte au répertoire de formes du quotidien, les installations de Leandro Erlich - Les Portes, La Piscine, Le Living, La Place - fonctionnent avant tout comme des trompes l’œil. L’artiste, originaire d’Argentine, injecte du merveilleux (se promener à sec dans les bas fonds d’une piscine ou escalader, au sol, la façade d’un immeuble haussmannien) et de l’étrange (se regarder dans un miroir qui omet de retransmettre son image) dans ses œuvres à expérimenter. Aux frontières de l’attraction foraine et du petit théâtre illusionniste, les installations de Leandro Erlich, architecte de formation, reposent toutes sur des composantes architecturales qui permettent de créer un espace de fiction. Pour l’exposition Partenaire Particulier, volet 2, il rejoue une pièce de 1996 qui n’est pas sans rappeler l’ « Etant Donné » de Marcel Duchamp, sorte de peep show dans lequel le spectateur était invité à contempler une scène érotico-sadique à travers une vieille porte de bois percée de deux trous à hauteur d’homme. Cette fois ci, c’est à travers un œilleton que le visiteur pourra espionner le corridor de ses voisins, tandis que de l’autre côté de la porte on retrouve un dispositif identique qui prête à confusion : que regarde-t-on ? Qui regarde qui ?
Né en 1973 à Buenos Aires
Vit et travaille à Paris
Leandro Erlich, MACRO Museo de Arte Contemporàno, Rome
Albion Gallery, Londres
Galeria de Arte Nogueras-Blanchard, Barcelone
Grand Café, Saint Nazaire
Centre d’Art Santa Monica, Barcelone
Notre Histoire, Palais de Tokyo, Paris
The Plain of Heaven, organisé par Creative Time, New York
Offshore (Prix Ricard), organisé par Jean Max Collard, Espace Paul Ricard, Paris
51ème Biennale de Venise, Pavillon Italien
21 st Century Art, Museum Kanazawa, Japon (Installation permanente)
Biennale de Sao Paulo, Brésil
Loin des débats entre photographie documentaire ou « créatrice », Thomas Lannes s’engage à poser les conditions d’une « photographie évolutive », qui, libérée d’une simple traduction en deux dimensions, se concentre davantage sur l’essence de l’acte photographique. Par de subtils jeux de miroirs et d’inversion des perspectives qui alimentent ses travaux, Thomas Lannes questionne la place du spectateur. Alors que la partie se joue sans lui dans la dernière pièce de l’artiste, La Disparition – réflexion à l’infinie de néons enfermés dans un caisson où le spectateur est privé de son propre reflet – il est intégré dans la nouvelle installation que l’artiste propose pour l’exposition « Partenaire Particulier », volet 2.
Ping : Pong ou la proposition d’un face à face virtuel. L’œuvre répète à l’identique deux structures installées simultanément à l’Espace Paul Ricard et dans un autre lieu encore tenu secret. Dans chacune des salles plongées dans le noir, un cube opaque, rempli d’eau et de miroirs est suspendu au plafond et mis à la disposition du spectateur qui est invité, seul face à l’œuvre, à le manipuler. Mais les mouvements qu’il lui inflige sont retransmis sur un écran auquel il n’a pas accès tandis qu’il visionne ceux d’un autre, anonyme. A quelques kilomètres de là se joue la même scène… Point d’ironie d’une oeuvre qui frustre le spectateur en le dépossédant des effets de son geste, à priori primaire, finalement corrompu et complexifié par la technologie utilisée. La pièce met en place une communication aveugle, proche de celles des internautes, soumise à l’interdépendance des deux participants.
Né le 12 août 1975 à Cahors
Vit et travaille à Paris
AAAc, Musée La Tour des Échevins, Luxeuil-les-bains
Duell, Galerie Expo 3000, Berlin
Sur le fil, Biche de Bère Gallery, New York
Surface des territoires, Centre Culturel Français de Freiburg & Markgräfler Museum, Müllheim
Sur le fil, Biche de Bère Gallery, Paris
Hôtel Reliance, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen
Station, Kunstlerhaus Bethanien, Berlin
Magistrale, 48 Studen Neukölln, Berlin
Momentum, Neue Galerie, Landshut, Allemagne
2000
Virage sud, sélection de diplômés de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille
Galerie Julio Gonzalez, Arcueil-Paris
Menant de front une activité photographique et littéraire - ses photographies, des rébus sans solution, neutralisent leurs sujets pour révéler leur caractère stéréotypé, tandis que dans ses trois livres (Œuvres, Journal et Autoportrait) il adopte le même principe d’effacement des repères contextuels - Edouard Levé propose pour l’exposition « Partenaire Particulier » Œuvres pour spectateur unique. Soit une adaptation performative de l’ouvrage original dont il délègue cette fois-ci la lecture à une tierce personne. Une lectrice, au statut ambigu (on hésite entre l’actrice et la gardienne de musée), est assise dans un fauteuil installé en bout d’exposition. Elle interpelle le visiteur qui croise son regard et énonce les règles du jeu qu’elle lit à la dernière page du livre : 533. Après avoir écrit un livre dans lequel il décrit 533 œuvres dont il a eu l’idée, mais qu’il n’a pas réalisées, l’auteur le fait lire en privé dans une exposition pour spectateur seul. Le visiteur est invité à dire les chiffres du paragraphe qu’il souhaite qu’on lui lise. La lecture s’arrête quand le visiteur quitte le fauteuil.
Le spectateur doit alors négocier entre sa toute puissance, son désir d’en savoir plus et les règles de courtoisie, lorsqu’il décide de couper court à l’échange mis en place.
Difficile d’y voir clair dans le travail de Bernhard Martin tant il foisonne d’éléments hétérogènes rassemblés dans ses peintures ou dans ses environnements. Plutôt gourmandes, dionysiaques, les images hybrides de l’artiste hésitent entre le décoratif et le réalisme. Quant à ses installations elles virent plutôt au pop, à l’image de sa Single Disco qui d’apparence minimaliste nous ouvre finalement les portes d’un monde futile et électrique. En effet si de prime abord la sculpture ressemble plutôt à un vieux placard à balais, elle se métamorphose aussitôt, une fois pénétrée, en discothèque individuelle capitonnée de rouge avec miroirs, spots et boule à facette. Ainsi soustrait aux regards témoins le spectateur pourra transpirer en solitaire sur un fond de dance assourdissant.
Né en 1966 à Hanovre
Vit et travaille à Francfort
Galerie Thaddeus Ropac, Paris
Galerie Thaddeus Ropac, Paris
Gartencenter, Spencer Brownstone gallery, New York
Ich zeige Ihnen gerne meinen Nassbereich, Mamco, Genève
How can you fly, Kunsthaus Glarus
Dark spring, Ursula Blicke Stiftung, Kraichtal
Die Kunst des festes, Brixen/Stüdtirol
Né un 3 septembre, FRAC Bourgogne, Dijon
A travers une œuvre protéiforme (photographie, sculpture, installation, performance et vidéo) Elodie Pong ne cesse de capturer les émotions humaines pour disséquer les notions d’intime et d’identité. Réalisé en Suisse et à Paris, son projet ADN/ARN (Any Deal Now/Any Reality Now) est un dispositif complexe composé de différents sas et autres pièces aux allures de bunker. Ainsi pris dans ce dispositif truffé de caméras de surveillance qui renvoie à la fois au système carcéral panoptique et au confessionnal remis au goût du jour par la télé réalité, le spectateur est invité à dévoiler l’un de ses secrets qui sera ensuite acheté par l’artiste au terme d’une négociation. A l’Espace Paul Ricard, Elodie Pong diffusera la collection de ses 300 secrets réunis sur un DVD récemment édité. Chacun pourra alors se faire le voyeur de ces moments intimes soumis à un protocole drastique (également visible dans le making of réalisé par l’artiste). Ainsi mis en abyme ce dispositif à spectateur unique par excellence interroge tour à tour les notions de contrat, de mode d’emploi, d’autoritarisme ou de face à face avec soi même ou l’artiste.
Née en 1966 à Boston
Vit et travaille à Lausanne
Supernova, Occurrence centre d’art et d’essai, Montréal
Peripheral Area, Tokyo Wonder Site Shibuya, in collaboration with the Videoart Center, Tokyo
Where is the poison, Kunsthaus Baselland, Muttenz, Suisse
Contemporary Tales, a certain general, Halle für Kunst e.V., Lüneburg, Suisse
I will not KYSS (Keep your secret) Anymore, Centre d’Arts scéniques Contemporain Arsenic, Lausanne
Stile Der Stadt, Kunst und Konsumarchitecktur, Art-project in Hamburg-Altona
Bergstrasse,.Everything is wrong, Kunsthalle Palazzo, Liestal
Family, You, Me and the Trajectories of a Post-Everything Era, Suisse
Theatrum Mundi, Centre d’art contemporain Fri-Art, Fribourg
Signes Quotidiens, Centre Culturel Suisse, Paris
Family, You, Me and the Trajectories of a Post-Everything Era, Alexandria Contemporary Art Forum, Alexandria
Videogeschichten von Carlos Aires, Jen Liu, Melvin Moti, Elodie Pong, Galleria Laurin, Zurich
L’Air du Temps - collection printemps/été 2004, migros museum für gegenwartskunst, Zurich
Accrochage 04, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
Need You - autour de l’interaction entre l’art et le public, Centre PasquArt, Bienne
Interactions Fictives, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
Esprit es-tu là?, Musée de la Fondation Verdan, Lausanne