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Du 31 mai au 28 juin 2012
Patricia Dorfmann et Caroline Smulders ont le plaisir de présenter une exposition personnelle de Skall.
On pourrait considérer deux type de vécus : celui de l'Extérieur et celui de l'Intérieur.
Dans mon travail de sculpture, j'apporte une «charge» à l'oeuvre en cours de réalisation, charge qui est soit purement mentale (incantation sérieuse ou loufoque, projection de pensée, souffle...), soit par l'introduction d'une «relique», d'un petit rien visible ou caché.
Depuis tout petit, il me semble que je vis et travaille avec des esprits, parfois même sans le vouloir ni m'en rendre compte (…) Mais pour moi, il y a un troisième type de vécu qui est celui de l'immatériel, de l'invisible, de la pensée et du tabou. Je crois que l'art dialogue avec les esprits, même si ces esprits se limitent à un seul «dieu», je crois que l'art, le vrai, le sincère, est une pratique animiste, magique et alchimique, une pratique de chamane, floue et libre...
Éminemment singulière, l’entreprise artistique de Skall semble attendre qu’on forge pour elle une catégorie stylistique appropriée. S’agissant de saisir le caractère aimable de son évidente préciosité, je proposerais, pour ma part, et à défaut de mieux, le terme de Pop rococo. En effet, le caractère brillant de tout ce qu’il compose ne dénote aucune arrogance de classe ni de culture. Sa richesse d’apparence et sa fragilité extrêmes n’ont rien à voir avec le luxe ostentatoire des nantis. L’hyper monde qu’il convoque, et auquel il appartient, n’est en aucun cas celui de la mode et du bon goût. La beauté qu’il vise est souveraine, exempte de tout préjugé esthétique, de tout embrigadement idéologique. Répondant à sa seule intuition sensible, elle ne fait aucune concession aux bonnes moeurs ou à la doxa des genres. C’est la splendeur d’un univers personnel qui s’impose mais que l’artiste s’attache, cependant, à mettre en scène pour la partager, faisant ainsi la démonstration que les merveilles qu’il installe sont à portée de tout regard, que la subtilité d’un équilibre ou la complexité d’un montage, si elles échappent au vulgaire, s’imposent, comme des évidences que l’on peut aisément saisir.
Olivier Goetz
Skall est né en 1960. Il vit et travaille à Paris. Entre 1984 et 1991 Skall expose régulièrement à Paris et à Amsterdam. Il prend part à des expositions collectives aux Etats Unis (New York 1986, Chicago 1995), à Paris, au Palais de Tokyo (1985), au Musée de la Poste (1989, 1992) à l'Institut Néerlandais (1991), à la Caisse des dépôts et consignations (1998), au Passage de Retz (1998, 2000, 2012) ainsi qu'à Milan et Munich (1991), Lisbonne (1997), Bologne (1999), Tokyo et au Sri Lanka (2000).
Skall obtient le Prix Villa Médicis hors les murs en Inde en 1993. Il a réalisé des oeuvres pour les chambres de l'Hôtel Sheraton-Roissy et construit des décors et des scénographies pour Daniel Larrieu, Brigitte Farges et la C° Castafiore. Depuis 1987, Skall réalise régulièrement des performances et intervientdans des écoles d'art et des lycées (à Thiers avec le Creux de l'Enfer en 1993 et 1996, à l'école des beaux-arts de Rennes en 1997, à la Villa Arson à Nice en 1999).
Raphaël Boccanfuso, Rada Boukova, Rebecca Bournigault, André du Colombier, Eric Corne, Artus de Lavilléon, Baptiste Debombourg, Malachi Farrell, ferdinand(corte)TM, Chohreh Feyzdjou, Raymond Hains, Teun Hocks, Michel Journiac, Nicola L, Henrik Plenge Jakobsen, Lionel Sabatté, Wu Xiaohai, ZEVS