fondation entreprise Ricard
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MARCELLE ALIX

mercredi-samedi 14h-19h, et sur rendez-vous
4, rue Jouye-Rouve, 75020 Paris

Tel : 09 50 04 16 80
Fax : 09 55 04 16 80
Mail : demain@marcellealix.com
Web : http://marcellealix.com

Evénement en cours :

Laura Lamiel, «Figure IV»

Du 05 avril au 31 mai 2012

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L’œuvre de Laura Lamiel est apparue au début des années 1980 et n’a depuis cessé de s’amplifier et de se complexifier. Les principaux outils visuels qui fondent ce travail sont : le module blanc qu’elle nomme «brique» et l'acier. Hier, l’on regardait ce travail en rapport avec des œuvres aux reflets surhumains, tant il participe d’une constante mise en ordre du chaos et d'une recherche de l'Absolu. Aujourd’hui, poursuivant ses engagements de la première heure en faveur d'une mise en tension de l'oeuvre, ce travail s’inscrit dans la problématique d'un décloisonnement des espaces, où comment les processus d'atelier sont repensés dans l'exposition.

Une chambre a soi aurait-on envie de sous-titrer l’exposition, tant l’œuvre que nous découvrons semble se rapprocher des évocations fortes exprimées par Virgina Woolf dans son essai éponyme de 1929. Il s'agit aussi d'intériorité, de confondre l'espace de l'atelier et son espace mental ; l'espace d'exposition n'étant que transitoire, voire transitionnel. Le véritable espace dans lequel ce travail existe est celui de l'œil et du cerveau.
Considérant l'effet réfléchissant que me font les installations de Laura Lamiel, une œuvre de Jeff Wall m'est revenue à l'esprit. After Invisible Man by Ralph Ellison représente un homme de dos, dans un sous-sol, entouré d'une multitude d'objets quotidiens, de vêtements et d'ampoules. La lumière, présente à l'image mais également physiquement (le tirage est rétro-éclairé, selon le procédé habituel de Wall) est à la fois intérieure et extérieure à l'œuvre, elle se propage et contamine son environnement. Le nom de l'auteur d'Invisible Man, aux sonorités voisines de celui de l'inventeur de l'électricité, ne semble mentionné que pour redoubler l'intensité de la lumière, réelle et conceptuelle, de la photographie. C’est aussi une œuvre saturée de lumière que propose Laura Lamiel. Des installations blanc sur blanc sont photographiées et reportées sur de l'acier. La lumière intense voyage par le nerf optique aux confins de la pensée, là ou résident les dédoublements et les accidents du langage.

La mise en abyme (d'une œuvre dans une autre, d'une sculpture recomposée dans une image sérigraphiée dans l'émail), n'est pas chez Lamiel une pratique purement conceptuelle. Cette chaise émaillée présente physiquement dans une installation et sérigraphiée sur acier non loin de là nous fait évidemment penser aux stratégies de Kosuth, pourtant il ne s'agit guère de cela. Le jeu conceptuel, empruntant aux figures de style et à la sémiologie, est contaminé par la présence d'objets étrangers, comme des lapsus introduits dans un langage hautement civilisé. Loin des pratiques d’artistes contemporains qui se plaisent à singer la "pureté" du minimalisme et de l'art conceptuel, les œuvres de Lamiel relèvent de la part trouble, intérieure, de ce qui est aujourd'hui devenu un "style".
On y trouve un écho à ce que Louise Bourgeois exprimait dans un rapport intense au corps, aux entrailles et aux organes sexuels. Si la Fillette de Bourgeois pervertit la Princesse X de Brancusi pour rendre ce symbole de pouvoir lisse et brillant à son statut d’ «objet partiel» organique et un peu penaud, Lamiel fait de sa brique, un élément de construction autant que de déconstruction d'un minimalisme se voulant pur et masculin. Associée à un cactus qui grandit dans du coton ou à un mystérieux objet noir aux contours arrondis, la brique d'émail, sa régularité et sa pureté, dévoile les limites d’une interprétation univoque du minimalisme. Les projections mentales ne sont jamais qu'un décor qui déguise notre nature. La civilisation (concept en vogue dans les discours politiques à l'heure où j'écris), aussi rationnelle qu'on veuille la présenter (le fameux «héritage des Lumières»), ne peut masquer la réalité, plus composite, moins lumineuse, avec laquelle il faut sans cesse négocier.

IA

Laura Lamiel est née en 1948 et vit à Paris. Ses œuvres ont été montrées récemment au Musée National d’Art Moderne, Paris (elles@centrepompidou, 2010), au Grand Palais (La force de l’art, cur. Anne Tronche, 2006), à la Maison Populaire de Montreuil (Un plan simple, cur. Le Bureau, 2009). Son travail a fait l’objet de deux expositions monographiques importantes au Musée National d’Art Moderne de Rio de Janeiro (2006) et au Musée d’Art Moderne de Grenoble (2001).

Exposition collective «Le vicomte pourfendu»

Du 06 juin au 28 juillet 2012

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La galerie Marcelle Alix est heureuse de présenter l'exposition Le vicomte pourfendu.

Artistes permanents :

Louise Hervé & Chloé Maillet,Mathieu K. Abonnenc, Aurélien Froment, Charlotte Moth, Ernesto Sartori, Marie Voignier.

Foires :

Liste Basel 12-17 juin