
mardi-samedi 11h-19h et sur rendez-vous
7, rue Pastourelle, 75003 Paris
Tel : 01 42 71 76 54
Mail : info@suzanne-tarasieve.com
Web : http://www.suzanne-tarasieve.com/
Du 12 mai au 23 juin 2012
La galerie Suzanne Tarasieve est heureuse d'annoncer une exposition conjointe de deux peintres newyorkais, Carrie Moyer, dont on verra les oeuvres pour la première fois à Paris, et Les Rogers, représenté par la galerie depuis 2004.
Pour sa première exposition parisienne, Carrie Moyer continue à manier avec brio une abstraction biomorphe teintée d'exubérance. Dans une série de toiles dont les chorégraphies très étudiées semblent jaillir spontanément, la couleur chatoyante se déploie en trainées luisantes et flaques nacrées, maintenues
en place par des formes opaques que l'artiste peint au pochoir en vigoureux aplats rouge vif et noir. La joyeuse ironie de Carrie Moyer se tempère ici jusqu'à la discrétion, tandis que des traits de crayon légèrement mouillés introduisent le dessin dans la peinture tout en adoucissant la précision graphique des contours. L'élégance affirmée du geste va de pair avec la prodigalité des hommages à l'histoire de l'art.
Carrie Moyer construit ses images en strates intellectuelles qui rappellent les effets de surface de Max Ernst, l'abstraction chromatique, le constructivisme, le situationisme ou même le disco (!) si les circonstances s'y prêtent. Dans ses oeuvres précédentes, elle a parfois glissé des allusions à des faits ou des personnages politiques concrets par le biais de symboles reconnaissables, mais en évitant soigneusement tout ce qui pourrait dater ses peintures. Dans cette nouvelle série de toiles, Carrie Moyer s'éloigne de son iconographie politique coutumière pour évoquer les visions triomphantes de la culture américaine. De vagues suggestions de personnages subsistent malgré tout, tandis que les titres fournissent quelques indices. Des motifs qui font irrésistiblement penser à des vulves, à des os, ou à des ombres portées créées sous Photoshop rôdent autour de ces images dont l?esthétique privilégie la concision graphique percutante de l'affiche. Cela dit, Carrie Moyer met à mal la lisibilité des peintures car elle enfouit ses références dans un langage abstrait asymptotique, en effectuant des grattages qui mettent à nu la toile vierge au «fond» du tableau, avant d?introduire des incrustations d'acrylique scintillante. Les oeuvres de Carrie Moyer sont captivantes et spirituelles. Leur force plastique fait mouche à tous les coups.
Autant les toiles de Carrie Moyer laissent vagabonder le regard en gommant toute notion de frontière, autant les peintures sur bois de Les Rogers sont fermement délimitées par les cadres taillés à la main. Ces cadres renvoient à l'idée du tableau comme «fenêtre» sur le monde développée à la Renaissance. Mais Rogers nous arrête net. Il attire l'attention sur la poétique foncièrement fictive de l?art en rendant visible le dispositif de fabrication. Pour cela, il découpe un cadre aux bords volontairement imparfaits et applique des lasures qui font ressortir les veines du bois, soulignant par là même sa présence. Rogers recourt à des styles picturaux qui vont de l'hyperréalisme à l'art brut avec un pluralisme parfaitement assumé. Ces «sculptures de tableaux encadrés» présentent une gamme d'effets de matière étonnamment dense. Cette superposition de modes d'application contradictoires engendre une profondeur spatiale hallucinante. Mais la présence insistante du cadre bloque tout et replie sur lui-même le répertoire gestuel tumultueux de
Rogers. Elle soulève aussi la question de la valeur ou la cherté supposée. Cela fait longtemps que Rogers exploite magistralement les propriétés illusionnistes de la peinture à l'huile, pour mieux les saborder ensuite en occultant des portions de l?image sous des motifs abstraits. Il cherche à détraquer l'oeuvre intentionnellement, à bousculer les idées du beau et du prévisible. Bousculant constamment ses méthodes personnelles et la relation du spectateur avec le tableau, il poursuit sa quête de ce qu'il appelle la peinture «cassée».
Kate McCrickard
Abetz&Drescher, Alexandre Arrechea,Delphine Balley, Georg Baselitz,Jean Bedez, Katherine Bernhardt, Romain Bernini, Alkis Boutlis, Nick Cave, Miguel Chevalier, Gil Heitor Cortesão, Russell Crotty, Dennis Feddersen, Neal Fox, Torben Giehler, Youcef Korichi, Le Gun, Tobias Lehner, Robert Lucander, Markus Lüpertz, Angelika Markul, Dan Mc Carthy, Yassine "YAZE" Mekhnache, Helmut Middendorf, Boris Mikhailov, Jean-Luc Moerman, Markus Oehlen, Ariel Orozco, Robert & Shana Parkeharrison, Alexandre Perigot, Tim Plamper, Les Rogers, Juliette Savaëte, Pierre Schwerzmann, Christoph Steinmeyer