
JEUDI 28 JUIN 2012
PROJECTION DU FILM À 20 H
dans le cadre d'une séance de Prospectif cinéma dédiée à l'artiste.
Dome, 2011, sera présenté jusqu'au 3 septembre 2012 au musée, niveau 4, salle 18
Un jury de collectionneurs et de professionnels a attribué le 13ème Prix Fondation d'entreprise Ricard 2011 à Adrien Missika pour son film Dome (2011). L'oeuvre rejoint ainsi la collection du Centre Pompidou après celles de Didier Marcel, Natacha Lesueur, Tatiana Trouvé, Boris Achour, Matthieu Laurette, Mircea Cantor, Loris Gréaud, Vincent Lamouroux, Christophe Berdaguer et Marie Péjus, Raphaël Zarka, Ida Tursic et Wilfried Mille, Isabelle Cornaro et Benoît Maire.
ADRIEN MISSIKA, DOME, 2011, 10'29''
Dome est à ce jour l'oeuvre la plus cinématographique d'Adrien Missika. Un jeune homme y explore l'un des chefs-d'oeuvre de l'architecte Oscar Niemeyer sur le site de la Foire internationale de Tripoli, au Liban, chantier engagé en 1963 et interrompu par la guerre en 1974. Ce vaste dôme devait abriter un auditorium circulaire, mais le bâtiment resta inachevé. À l'intérieur, des milliers de tiges d'acier pendent du plafond et le lieu, déserté, est une incroyable caisse de résonance où le moindre bruit provoque un écho assourdissant. Réalisé en Super8, format cinématographique correspondant à la période de construction du lieu, Dome a été transféré par la suite au format numérique. Dome est également présenté, dans la salle 18 du Musée national d'art moderne, au niveau 4 du Centre Pompidou, à partir du 23 mai 2012.
Le travail d'Adrien Missika, centré sur les images, aborde la question de leur perception par le spectateur et ce qu'il en attend , jouant dans l'espace qui se trouve entre et aux frontières mêmes de l'imagination et de la réalité, le plausible et l'invraisemblable.
Non seulement "faiseur" d'images, Adrien Missika est un fervent voyageur, incapable de vivre sous l'assignation à domicile. Il s'approprie le voyage dans sa myriade de formes historiques et culturelles - le Grand Tour, le pèlerinage, l'expédition scientifique, le voyage comme évasion - rassemblant pellicule et matériel visuel pour sa réserve personnelle "d'archétypes" : couchers de soleil, grottes, pics, formations rocheuses, vagues, palmiers, architectures et chaînes de montagnes. Ces images ne prétendent pas retracer les voyages, mais représentent les inventions d'un récit mélancolique caractérisé par des lectures multiples. Selon Gaston Bachelard, "vous rêvez du monde avant de le connaître". Profondément conscient et las de notre représentation du pittoresque et de notre tendance à confondre la carte avec le territoire, le travail d'Adrien Missika se concentre sur une réflexion sur notre expérience du monde à travers les images.
Adrien Missika arpente, filme et photographie au cours de ses voyages les lieux et « monuments oubliés », naturels ou construits. L'artiste invente ainsi des récits poétiques mettant en scène des images de phénomènes naturels et les traces du temps laissées dans l'architecture.
Il a co-fondé en 2006 l'espace d'art 1m3 à Lausanne. En 2009, il est invité aux Rencontres d'Arles, aux Modules HMI du Palais de Tokyo et à Plat(t)form 09 au Fotomuseum Winterthur. En 2012, son travail est présenté dans l'exposition « Le silence. Une fiction » au Nouveau Musée national de Monaco et à la galerie Crone de Berlin.